Retell/Summarize Information in Narrative Form Practice Test
•15 QuestionsLe printemps de 1871 n'avait pas le goût de la renaissance. Il avait celui de la poudre et de la faim. Depuis ma soupente de la rue Mouffetard, j'assistais, impuissante, à la lente agonie de notre rêve. La Commune, cette république des ouvriers que nous avions acclamée en mars, se barricadait maintenant contre les soldats venus de Versailles. Mon mari, Émile, un typographe qui citait Victor Hugo, passait ses journées sur la barricade de la place d'Italie. Il rentrait la nuit, le visage noirci, les yeux brillants d'une fièvre qui n'était pas seulement celle du combat, mais aussi celle de l'épuisement et du peu de pain que nous partagions. Le récit qu'il me faisait des journées n'était pas celui des proclamations officielles. C'était une chronique décousue de camaraderie, de peur, et d'une détermination farouche face à l'inéluctable. Il me parlait des femmes qui soignaient les blessés, des enfants qui servaient d'estafettes, d'une solidarité née sur le pavé parisien. Puis, la dernière semaine de mai, le silence des canons lointains fut remplacé par le fracas des combats dans nos propres rues. L'avancée des Versaillais était inexorable. Le 25 mai, Émile n'est pas rentré. Je n'ai jamais su s'il était tombé sur sa barricade ou s'il avait été pris et fusillé contre un mur, comme tant d'autres. Mon récit s'arrête là, car la suite n'est qu'une survie sans mémoire, le deuil d'un homme et d'une utopie.
Comment le texte résume-t-il le contraste entre le discours officiel de la Commune et le témoignage rapporté par Émile ?
Comment le texte résume-t-il le contraste entre le discours officiel de la Commune et le témoignage rapporté par Émile ?