Music and Performing Arts Practice Test
•15 QuestionsExtrait d'un roman contemporain, Le Silence des cymbales. Le narrateur, un critique musical vieillissant, assiste à une représentation de théâtre expérimental.
(Ligne 1) La salle était plongée dans une obscurité quasi totale, troublée seulement par le murmure impatient d’un public venu chercher le frisson de la nouveauté. Sur scène, rien. Un vide béant, une absence qui se voulait sans doute signifiante. Pendant dix longues minutes, ce néant fut notre seul spectacle. Puis, une unique note, stridente, émanant d’un violoncelle invisible, déchira le silence. Elle s’étira, modula en une plainte inhumaine, avant de s’éteindre aussi subitement qu’elle était née. J’observais mes voisins : certains semblaient en transe, d’autres esquissaient un rictus moqueur. Pour ma part, je sentais monter en moi une irritation sourde. Ce n’était pas de l’audace, mais une vacuité prétentieuse, un maniérisme cherchant à masquer une indigence créative. Le metteur en scène, un jeune prodige que la critique encensait, confondait à mon sens la provocation facile avec la véritable subversion. La subversion, la vraie, ne naît pas du vide mais d’un trop-plein ; elle tord les formes existantes, elle ne se contente pas de les ignorer. Ce spectacle, avec ses silences calculés et ses éclats sonores sporadiques, n’était qu’un squelette sans chair, une esthétique de la frustration qui me laissait, littéralement, sur ma faim.
En se décrivant comme étant « littéralement, sur ma faim », que veut souligner le narrateur ?
En se décrivant comme étant « littéralement, sur ma faim », que veut souligner le narrateur ?